Dégivrage des avions en hiver

Dégivrage et antigivrage des avions en hiver : coûts, procédures et sécurité

Lorsque l’hiver s’installe, le dégivrage des avions (de-icing) et l’antigivrage (anti-icing) deviennent des procédures indispensables pour garantir la sécurité des vols.
En aviation d’affaires et en vols charter, ces opérations sont bien connues, mais souvent mal comprises par les passagers : le dégivrage est-il obligatoire ? Quel est son coût réel ? Est-il inclus dans le prix de location d’un jet privé ou d’un affrètement commercial ?

Dans cet article, nous répondons à toutes ces questions d’un point de vue opérationnel et commercial.


Pourquoi le dégivrage d’un avion est-il obligatoire avant le décollage ?

La présence de glace, de givre ou de neige sur les ailes, le fuselage ou les gouvernes modifie l’aérodynamique de l’appareil et empêche un écoulement correct de l’air.
Même une couche très fine peut entraîner une perte significative de portance.

Pour cette raison :

  • Le dégivrage est obligatoire dès qu’un avion présente de la glace, du givre ou de la neige avant le départ.

  • L’opération est réalisée par des services de dégivrage aéroportuaires spécialisés.

  • Seuls des fluides certifiés sont utilisés, principalement Type I et Type IV, conformément aux normes de sécurité aérienne.


Comment fonctionne le dégivrage et l’antigivrage d’un avion ?

1. Dégivrage (De-icing)

Le dégivrage consiste à appliquer un fluide chaud de Type I afin d’éliminer la glace, la neige ou le givre déjà présents sur l’aéronef.

2. Antigivrage (Anti-icing)

Si les conditions météorologiques l’exigent, un fluide de Type IV est ensuite appliqué.
Son rôle est de retarder la reformation de la glace pendant le roulage et l’attente avant le décollage.

Ces opérations nécessitent :

  • des camions de dégivrage chauffés,

  • du personnel formé,

  • une coordination rapide, notamment dans les aéroports à forte activité hivernale.

À savoir : les fluides utilisés en Europe sont efficaces jusqu’à environ –33 °C. En dessous de cette température, ils perdent leur efficacité.
Dans des régions comme le Canada ou la Russie, des fluides plus performants sont employés pour des conditions climatiques encore plus extrêmes.


Quel est le coût du dégivrage d’un avion ?

Le prix du dégivrage d’un avion varie fortement en fonction de plusieurs facteurs :

  • l’aéroport de départ (Helsinki, Zurich ou Genève sont plus coûteux que Madrid),

  • le type d’aéronef,

  • la sévérité des conditions météo,

  • l’utilisation du seul Type I ou du Type I + Type IV,

  • la quantité de fluide utilisée (facturation au litre),

  • la durée d’immobilisation de l’avion au sol.

Il peut également arriver qu’un avion doive être dégivré une seconde fois si une nouvelle accumulation de glace apparaît avant le décollage. La priorité reste toujours la sécurité.

Fourchettes de prix indicatives (aviation d’affaires)

(Estimations moyennes, variables selon aéroport, opérateur et conditions)

  • Light jets (Phenom, Citation, HondaJet)
    300 € – 1.000 €

  • Midsize / Super midsize (Hawker, Challenger 300/350)
    1.000 € – 3.000 €

  • Large cabin jets (Challenger 605/650, Global, Gulfstream)
    3.000 € – 8.000 € ou plus

  • Avions commerciaux (Boeing 737-800, Airbus A320)
    5.000 € – 12.000 € ou plus

Dans les aéroports soumis à une forte météo hivernale (Zurich, Genève, Stockholm, Munich), les coûts sont généralement plus élevés en raison de la forte demande et de la consommation de fluide.


Le dégivrage est-il inclus dans le prix d’un vol charter ?

La réponse dépend du modèle commercial de l’opérateur.

1. Dégivrage non inclus

Le cas le plus courant. Le client paie le coût réel du dégivrage après le vol, sur la base de la facture aéroportuaire.

2. Dégivrage inclus via un forfait

Certains opérateurs proposent un tarif fixe de dégivrage, intéressant pour des opérations hivernales régulières.

3. Assurance dégivrage

Un supplément (généralement 150 à 500 € par vol pour les very light jets) peut couvrir l’ensemble des frais de dégivrage nécessaires.

4. Tout inclus (rare)

Dans certaines destinations à climat extrême, comme la Laponie, le dégivrage est parfois intégré directement au prix final afin d’éviter toute surprise.


Le dégivrage peut-il entraîner des retards de vol ?

Oui. En hiver, certains aéroports peuvent connaître :

  • des files d’attente pour accéder aux zones de dégivrage,

  • un nombre limité de camions disponibles,

  • l’expiration du holdover time, nécessitant une nouvelle application d’antigivrage.

Ces situations peuvent générer des retards et des coûts supplémentaires. Il est donc conseillé de prévoir des marges horaires plus larges pendant la saison hivernale.

Cas Particulier: à moins de -33 degrés, les liquides dégivrants ne sont plus efficaces ( sauf au Canada et en Russie, pays qui disposent de produits plus puissants),


Conseils pratiques pour les passagers en jet privé

  • Vérifiez toujours si le dégivrage est inclus avant de confirmer votre vol.

  • Anticipez des coûts supplémentaires entre novembre et mars.

  • Envisagez une assurance dégivrage pour les aéroports à climat sévère.

  • Restez flexible sur les horaires, surtout après de fortes chutes de neige.

  • Faites confiance à votre opérateur ou broker : la sécurité reste la priorité absolue.


Conclusion

Le dégivrage des avions est une procédure hivernale essentielle et obligatoire, garantissant la sécurité des passagers et de l’aéronef.
Même s’il peut représenter un coût additionnel, comprendre son fonctionnement et ses tarifs permet de mieux planifier les vols et d’éviter toute mauvaise surprise.

Pour toute assistance sur des vols hivernaux, ou pour recevoir des devis clairs intégrant les politiques de dégivrage, l’équipe commerciale d’Eurosky se tient à votre disposition.